LE CIEL AU PRESENT

Nouvelle « Le ciel au présent » a été validée pour notre concours ecrire-au feminin.com

Thème : « Je suis des yeux l’avion dans le ciel. C’est maintenant que tout commence. »


Il aboie, il n’arrête pas d’aboyer. Pourquoi il aboie ? Je ne sais pas. C’est un chien, c’est tout. Et moi ? Je suis quoi ? Pourquoi je me pose la question ? Pourquoi ne pas la poser ? J’ai le droit, n’est-ce pas ? Ne me dites pas que je n’ai pas le droit. Toute ma vie, je me suis interdite de dire oui. Oui à moi, oui à l’amour, oui à la folie. La folie c’est si bon. Je les regarde tous, à se dire fous, à s’aimer à la folie. Et à deux, ils regardent le ciel. Et à deux, ils s’envolent et s’envoient en l’air. Moi, je reste par terre. Je n’ai plus qu’à suivre des yeux l’avion dans le ciel et à espérer que maintenant tout commence. Et rien ne s’arrête pour moi. L’illusion de paraître l’emporte sur la réalité d’être et je m’éclipse comme une ellipse. Je ne sais pas exister, je ne sais que subsister. « Toute ma vie, j’ai rêvé d’être une hôtesse de l’air. Toute ma vie, j’ai rêvé d’avoir les fesses en l’air ». Comment il a deviné Dutronc mon rêve inavouable ? «Chante la vie, chante», oui tu as raison mon ami ! Facile à dire. Comment veux-tu chanter quand tu n’as pas voix au chapitre ? Ma voie à moi, c’est de me taire pour que surtout on ne m’entende pas. Je suis vivante dehors, mais morte dedans. « Staying alive, staying alive… ». Je rêve devant ces corps libres qui dansent. Je les envie d’oser bouger. J’aurais voulu être danseuse, chanteuse, comédienne. Parler, dire, jouer. « Born to be alive ». C’est vrai, je suis née pour être vivante ? Pourquoi on ne me l’a pas dit plus tôt ? Je suis vivante, est-ce que je peux naître maintenant ? Ce n’est pas trop tard ? Je me sens vide. Je ne me souviens plus de rien. Il vaut mieux, non ? « Moi dans la maison vide, dans la chambre vide, je passe ma vie à regarder les oiseaux qui passent comme des menaces ». Qui me menace ? Moi, je crois. Les chansons, elles disent les choses mieux que moi. Une mélodie, un refrain, et me voilà partie. Je m’envole où je veux, je vais où bon me semble. « L’Amérique, si c’est un rêve, je le saurais», je « tape sur les bambous », mais surtout je ne veux pas «sombrer au large de Bora Bora». Un jour, j’irai à New York, non San Francisco. Ou peut-être Tahiti ? Mais pourquoi partir quand ici je n’ai rien construit ? Je veux changer d’identité. Pour qu’il me trouve enfin. Je l’attends et je ne le connais pas. Je ne l’attends plus, je fais comme si je pouvais vivre sans lui.

Le chien n’aboie plus. Et moi, « je ris de me voir si belle en ce miroir » ! Le jour se lève. Moi, je ne connaissais que la nuit. Mais depuis que je l’ai rencontré, il m’a fait découvrir la lueur et la lumière du soleil. Il m’a expliqué que çà s’appelle le jour. Que j’ai le droit de sortir. Moi, qui ne connaissais que la nuit, je ne savais pas que le ciel pouvait être bleu. On a suivi des yeux l’avion dans le ciel. C’est là que tout commence. Ma main est dans sa main. Je la serre fort. J’ai peur de tomber. C’est çà l’amour ? Se sentir chavirer alors qu’on est sur la terre ferme ? J’ai le vertige à regarder le ciel, mais je suis avec lui. Il me réconforte et me dit de ne pas avoir peur. Il me dit qu’on ira partout où je veux. Mais je ne veux plus partir, c’est si bon d’être ancré ici. Je ne veux rien bouger, je ne veux rien toucher. Qu’il reste à mes côtés, à droite ou à gauche comme il veut. C’est mon « Bob Morane », « mon aventurier contre tout guerrier» ! Il est beau mon homme, il est fort. Je ne suis plus seule avec « mon roi de la Terre ». Il m’appelle sa «princesse », il dit qu’il me trouve belle. Ma vie, c’est devenu une chanson. Je peux écrire les paroles. Je choisis les rimes. Il m’aide à trouver une douce mélodie. Je conjugue le verbe vivre au présent maintenant. A toutes les personnes ! Je vis, tu vis, il vit, nous vivons, vous vivez nous disent-ils, ils vivent disent-ils en parlant de nous ! C’est beau de conjuguer un verbe au présent ! Je vais tout conjuguer à deux maintenant, çà sonne mieux non ? Nous suivons des yeux l’avion dans le ciel. Nous ne voyons jamais les nuages et il fait toujours beau. Et ce n’est pas « juste une illusion » !

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